lundi 28 janvier 2008

Mon dernier coup de coeur


Daniel Pennac est un romancier sympathique. Il a un talent indéniable de conteur. Est-ce tellement étonnant lorsqu'on puise ses racines dans un pays (Daniel est né à Casablanca, au Maroc) où le conte a été jadis un art majeur? La célèbre place Jamaa El Fna de Marrakech exhibe encore aujourd'hui les signes de cette mémoire orale qui fait l'histoire de la ville et, à certains égards, du pays entier. Alors dès que j'ai eu entre les mains son dernier opus, Chagrin d'école, j'ai su que j'allais passer un bon moment. Merci M. Pennac de nous régaler de vos souvenirs d'école. De nombreux cancres - je dois avouer que je n'ai jamais réussi à en être un bon - se reconnaitront avec soulagement dans ce que vous racontez et éprouveront à des années de distance un légitime sentiment de satisfaction.

vendredi 18 janvier 2008

Le "mimophant" est mort


Bobby Fischer, l'ancien champion du monde d'échecs, est mort ce vendredi. Encore un personnage qui a peuplé ma jeunesse qui disparaît. À l’époque, c’est-à-dire au début des années 70, la finale qu'il avait disputée en Islande contre Boris Spassky nous avait tenus en haleine comme le ferait aujourd’hui un match de foot. Nous souhaitions ardemment la victoire du Soviétique (nous voyions alors dans chaque victoire de l’Union Soviétique une sorte de revanche contre les méchants impérialistes n'est-ce pas?). Mais le génie de Fischer était tel qu'on ne pouvait s'empêcher d'admirer cet extraterrestre, ce "mimophant", comme l'avait qualifié Arthur Koestler pour décrire un homme à la personnalité étrange, relevant "d'une espèce hybride [...], d'un croisement entre la sensibilité d'un mimosa et la peau épaisse d'un éléphant."

mercredi 16 janvier 2008

Les ressources de tilmid.com

Voilà un moment que je voulais mettre sur mon nouveau blog des ressources en provenance de mon... ancien blog éducatif.

Je commence par ce qui suit...
Mes articles sur le portail canadien Thot

Hassan Fathy : construire avec le peuple | Architecture des années 50


Deux raisons me poussent à vous parler de Hassan Fathy. La première tient à l'immense talent de cet architecte visionnaire qui est, sans doute possible, avec Oscar Niemeyer ou encore Le Corbusier un des génies contemporains de la chose bâtie. Comme tous les grands bâtisseurs, Fathy a développé une approche originale, une saga serait-on tenté de dire, qui est vraie dans le sens où elle est profondément authentique, qu'elle trouve ses racines dans les strates les plus enfouies de la terre et la civilisation égyptiennes. Une terre et une civilisation qui ont enfanté il est vrai des bâtisseurs hors pair il y a de cela plusieurs millénaires.
La seconde raison, pas très éloignée de la première, provient d'un constat simple : la politique du bâti est dans nos contrées l'indice même du niveau de développement atteint. Le désastre urbanistique - existe-t-il un autre mot pour désigner certains quartiers de nos cités ainsi défigurées par les constructions anarchiques et les atteintes permanentes à l'esthétique? - est hélas le lot de nombreux pays du Sud et témoigne à ciel ouvert de la faillite de nos politiques d'aménagement. Et comment se résigner à cela lorsqu'on sait ce qu'ont conçu nos ancêtres de l'Andalousie à l'Extrême-Orient?
Il ne fait pas de doute pour moi que Hassan Fathy a puisé son génie dans la conscience tragique de ce déclin.

jeudi 10 janvier 2008

Les nouveaux défis de l'école marocaine

Dans l'histoire d'un pays, il est des moments où s'impose le bilan. Le Maroc a mal à son école. Un récent résultat témoigne de l'inefficacité de notre système éducatif comme le montre L'enquête sanction publiée par le journal Le Matin. Ce quotidien me surprend car il était surtout connu ces dernières années pour être la fidèle voix du gouvernement. Il n'hésite pas aujourd'hui à publier des analyses plus critiques et, du coup, plus pertinentes.

dimanche 6 janvier 2008

Bonne année à tous mes lecteurs!



Oui bonne année à tous. Que 2008 vous apporte bonheur et santé. Ou l'inverse. J'ai pour ma part entamé l'année avec deux ouvrages passionnants: un roman de Alaa El Aswany et un essai de Mohammed Ennaji. Le roman qui s'intitule L'immeuble Yacoubian est un extraordinaire raccourci de la société égyptienne dans la meilleure veine des grands conteurs du pays du Nil, je pense bien sûr à l'immense Tewfik El Hakim et son journal d'Un substitut de campagne en Égypte, à Naguib Mahfouz et ses récits croustillants de la vie quotidienne cairote ou encore, peut-être un peu moins connu, Jamal Ghitany dont l'œuvre de romancier commence à s'imposer comme l'une des plus importantes de ce siècle.

Opportunément, la lecture concomitante du remarquable essai de l'historien marocain Mohammed Ennaji - il y poursuit son analyse des relations de pouvoir au sein de la société arabo-musulmane, le titre exact étant Le sujet et le mamelouk : Esclavage, pouvoir et religion dans le monde arabe - permet d'instaurer un va-et-vient éclairant entre la fiction et la réflexion socio-politique.

Un début d'année vraiment enrichissant en attendant de nouvelles charges et, ipso facto, de nouveaux soucis.