samedi 9 août 2008

Mahmoud Darwich est mort!


La mort a pris de vitesse tous ceux qui espéraient, comme moi, un miracle : Mahmoud Darwich a succombé ce samedi aux États-Unis à une énième intervention chirurgicale. Il souffrait du coeur. Est-ce tellement étonnant pour celui qui était le plus grand poète palestinien et arabe? Un poète au coeur meurtri par l'exil et la spoliation.
Il ne fait pas de doute pour moi que Darwich méritait mille fois le Nobel de littérature. Mais sa poésie a probablement paru bien trop subversive aux yeux du comité. Une poésie qui parlait de l'exil, de la colonisation et de tout ce que ce monde recèle d'injustices, résumées dans la tragédie d'un peuple spolié. A lui seul, il aura démontré qu'avec quelques mots élégamment tournés il est possible de rendre la dignité à tout un pays. Paix à son âme.

Crédit Photo : AFP.

Mahmoud Darwich lutte pour la vie


Cet été est très éprouvant pour les artistes arabes. Après Youssef Chahine, décédé il y a peu, c'est le grand poète palestinien Mahmoud Darwich qui lutte contre la mort. Suite à une intervention à coeur ouvert, le poète, qui a tant donné à la cause palestinienne, est sous assistance respiratoire dans un hôpital texan. Je l'avais vu déclamer ses poèmes au Théâtre Mohammed V de Rabat, devant une assistance recueillie et emportée par la force subtile de son verbe. J'avoue avoir été complètement fasciné par sa prouesse ce soir-là. Il avait réussi à tenir en haleine pendant près de deux heures durant quatre mille personnes silencieuses, portables éteints et murmures suspendus.
Qui peut de nos jours se prévaloir d'un tel exploit?